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2 - D’un bout à l’autre de l’échiquier politique, la question de la mise à contribution des retraités actuels est un véritable tabou. On en a eu une illustration presque comique avec la note du et de la semaine dernière.
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🎯 J'adore quand le @HCP_Le_Plan et @bayrou basculent dans l'économie vaudou pour interdire tout débat sur la participation des retraités actuels à l'effort de redressement. La simple "menace" aurait un "effet récessif" et l'inquiétude sociale se "déchaînerait". Mazette ! 🙃
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3 - Sans doute la sociologie électorale de la majorité présidentielle et la forte propension à voter de nos aînés ne sont-elles pas totalement étrangères à ce mutisme 🙃
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4 - Il existe pourtant d’excellents arguments pour partager le fardeau de l’effort de redressement des comptes avec les retraités actuels.
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5 - Si des réformes ont déjà eu lieu, les retraités ont toujours les moyens de participer à l’effort collectif. Ils ont un niveau de vie supérieur à celui de l’ensemble de la population, ce qui n’était pas du tout le cas avant les années 2000.
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6 - Il s’agit d’ailleurs d’une exception à l’échelle internationale. Parmi les grands pays développés, seuls les retraités italiens se trouvent dans une situation comparable.
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7 - Les retraités français réussissent également l’exploit d’avoir un niveau de vie supérieur à celui des actifs, une fois que l’on tient compte du fait qu’ils sont plus souvent propriétaires de leur logement, ce qui leur permet d’économiser le versement de loyers.
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8 - Mieux encore : comme leurs dépenses de consommation sont inférieures à celles des actifs et qu’ils ont moins de crédits à rembourser, leur capacité d’épargne est très supérieure à celle des actifs.
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9 - Cela contribue à ce que le patrimoine des retraités, déjà supérieur de 35 % à celui des actifs, continue de croître en moyenne après la retraite. Contrairement à ce qu'on enseigne, les retraités ne sont pas contraints de désépargner pour maintenir leur niveau de vie.
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10 - Que l’on regarde le sujet sous l’angle des revenus ou du patrimoine, il existe donc indéniablement une capacité contributive importante chez nos aînés !
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11 - Face à ce constat, il serait particulièrement injuste d’exonérer les retraités actuels de tout effort pour faire porter ce dernier sur les actifs. Le risque est pourtant réel, compte tenu du fonctionnement actuel de notre système de retraite.
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12 - En effet, les retraites ne sont plus indexées sur la croissance des salaires mais sur l’inflation. Comme les salaires évoluent plus vite que les prix sur longue période, ce mécanisme devrait conduire à un décrochage important du niveau de vie des retraités (- 20 points).
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13 - Dit autrement : nous finançons à crédit aux retraités actuels un niveau de vie anormalement élevé, tout en organisant sans le dire le décrochage à venir du niveau de vie des cotisants d’aujourd’hui.
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14 - Plus inquiétant encore, cette injustice envers les actifs menace d’être aggravée par le choc inflationniste que nous traversons.
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15 - La crise énergétique se traduit par une perte de revenu pour l’économie française, estimée à environ 60 milliards d’euros et qu’il faut répartir entre les ménages, les entreprises et les administrations publiques.
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16 - Alors qu’ils représentent près d’un quart de la population, les retraités sont pourtant largement exonérés du partage de ce fardeau, dès lors que les pensions des régimes de retraite de base sont indexées de droit sur l’inflation.
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17 - A l’inverse, la Banque de France estime que le salaire moyen par tête réel, c’est-à-dire corrigé de l’inflation, devrait avoir reculé de 1,3 % à l’issue de l’exercice 2022. Déjà critiquable par temps calme, la préférence française pour les retraités devient indéfendable.
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18 - Pourtant, mettre à contribution les retraités serait très efficace pour dégager des économies en période de forte inflation, sans baisse les retraites en euros courants.
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19 - A titre d’exemple, sous-indexer de 1 point les retraites par rapport à l’inflation en 2023 et en 2024 suffirait pour générer 5 milliards d'euros, soit près 40 % des économies attendues en 2027 pour combler le déficit des retraites, estimé à 12 milliards d’euros.
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20 - Pour éviter de fonctionner par à-coups, on pourrait imaginer une “clause de solidarité intergénérationnelle” pendant le choc inflationniste, proche de l’accord en place pour les retraites complémentaires de l’Agirc-Arrco.
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21 - En cas d’évolution des prix supérieure à l’évolution des salaires, comme c’est le cas actuellement, les retraites seraient indexées sur le salaire moyen. Cela permettrait automatiquement de partager le fardeau avec les salariés.
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22 - Cet effort demandé aux retraités devrait toutefois s’accompagner de mesures de protection en faveur des plus fragiles, dans un contexte où le taux de pauvreté des retraités augmente depuis 2017. Près d’un tiers des retraités ont une pension inférieure à 1 100 euros.
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23 - Trois catégories de solutions sont envisageables pour protéger les plus modestes : ne pas sous-indexer en-dessous d'un certain seuil de pension ; différencier les prélèvements ; réallouer une partie des économies au financement de mesures favorables aux petites retraites.
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